Tu obtiens la carte professionnelle VTC en réussissant l’examen T3P, après avoir réuni trois conditions : un permis B de plus de trois ans, un casier judiciaire compatible et une aptitude médicale validée. La carte reste valable cinq ans et conditionne ton inscription au registre des VTC.
Carte professionnelle VTC : à quoi elle sert
La carte professionnelle VTC est le document officiel qui t’autorise à transporter des clients contre rémunération. Elle prouve que tu remplis les conditions de compétence et d’honorabilité fixées par la loi. Sans elle, aucune plateforme comme Uber ou Bolt ne peut t’activer, et tu ne peux pas facturer une course en règle.
La carte couvre tout le territoire national pour une durée de cinq ans. Exercer sans ce titre coûte cher : d’après le Code des transports, l’exercice illégal de la profession expose à un an de prison et 15 000 euros d’amende, avec suspension possible du permis et immobilisation du véhicule.
VTC ou taxi : la différence
Le VTC ne prend un client que sur réservation préalable. Il ne peut ni stationner en attente sur la voie publique, ni être hélé dans la rue. Le taxi, lui, marque le stationnement, se fait héler et applique des tarifs réglementés par l’État. Deux métiers proches, deux cadres juridiques distincts.
Les conditions pour passer l’examen VTC
Avant de t’inscrire, tu dois cocher quatre cases. Elles sont vérifiées au moment du dépôt de ton dossier, sans souplesse possible.
Un permis B de plus de trois ans
Selon Service-Public, en 2026, tu dois détenir le permis B depuis au moins trois ans, ramenés à deux ans si tu es passé par la conduite accompagnée. Le permis doit être valide et sorti de sa période probatoire. Un permis probatoire bloque la demande.
Un casier judiciaire compatible
Ton bulletin n°2 doit être compatible avec la profession. Certaines condamnations ferment la porte : conduite sans permis, délit de fuite, conduite sous l’emprise d’alcool ou de stupéfiants, ou une peine d’emprisonnement de plus de six mois. La préfecture consulte ce bulletin directement.
Une aptitude médicale validée
Tu passes une visite chez un médecin agréé par la préfecture, qui remplit le formulaire Cerfa n°14880. L’examen contrôle ton aptitude physique au transport de passagers. L’avis médical doit dater de moins de deux ans au moment du dépôt.
La nationalité ou un titre de séjour
Tu dois être français, ressortissant d’un pays de l’Espace économique européen, ou détenir un titre de séjour qui autorise une activité professionnelle en France. Ce point conditionne l’accès au métier au même titre que le permis.
L’examen T3P : théorie puis pratique
Depuis novembre 2025, l’examen d’accès se gère sur la plateforme nationale examenT3P.fr. Selon cette même plateforme, en 2026, le tarif des deux épreuves complètes s’élève à 241 euros. Tu dois valider la théorie avant d’accéder à la pratique.
L’épreuve théorique d’admissibilité
C’est un écrit d’environ 3 h 50, mêlant questions à choix multiples et questions à réponses courtes, réparties sur sept modules : réglementation, sécurité routière, gestion, développement commercial, français, anglais et connaissance du territoire. Selon les chambres de métiers et de l’artisanat, il faut une moyenne d’au moins 10 sur 20 pour être admissible. Cette admissibilité reste valable douze mois.
L’épreuve pratique d’admission
Une fois la théorie validée, tu conduis un véhicule pendant une mise en situation qui dure jusqu’à 45 minutes, face à un examinateur qui joue le client. Le barème répartit vingt points : dix pour la conduite et la sécurité, cinq pour la relation client, trois pour l’itinéraire, deux pour la facturation. La note minimale d’admission est de 12 sur 20, avec trois tentatives possibles dans l’année qui suit l’admissibilité.
Faut-il suivre une formation VTC ?
La loi n’impose aucune formation pour s’inscrire à l’examen. Tu peux te présenter en candidat libre. Dans les faits, une préparation sérieuse change tout : l’examen porte sur les sept modules cités par les chambres de métiers et de l’artisanat, et le passage en candidat libre reste rare parmi les admis. Une formation te cale sur la réglementation, la gestion et l’anglais commercial.
La plupart des programmes sont éligibles au Compte personnel de formation, ce qui te permet de mobiliser tes droits sans avancer la totalité. Un centre agréé comme BVTC prépare aux épreuves et monte le dossier de financement. Si tu cherches un organisme près de chez toi, regarde par exemple une formation VTC à Lyon avant de t’engager.
Demander ta carte VTC après l’examen
Admis aux deux épreuves, tu déposes ta demande officielle auprès de la préfecture de ton lieu de résidence, en ligne, via la plateforme Démarches Simplifiées. Le dossier doit être complet du premier coup, sous peine de repartir dans la file d’attente.
- Rassemble tes pièces : attestation de réussite, copie du permis B, avis médical de moins de deux ans, justificatif de domicile de moins de trois mois, pièce d’identité et photo aux normes.
- Dépose le dossier en ligne sur Démarches Simplifiées.
- Règle les frais de fabrication de la carte.
- Reçois ta carte par courrier.
Compte en moyenne trois mois de traitement après validation du dossier. Un justificatif manquant ou périmé rallonge ce délai d’autant.
Obtenir la carte VTC par équivalence
Une voie évite l’examen : l’équivalence, réservée à des professionnels du transport de personnes qui justifient d’une expérience réelle. Elle vise surtout les chauffeurs de taxi expérimentés et les conducteurs de transport public routier ayant exercé au moins un an au cours des dix dernières années. Certains ambulanciers y accèdent aussi, sous conditions.
La procédure reste la même qu’une demande classique, dépôt de dossier en préfecture, mais tu ajoutes les pièces qui prouvent ton expérience : bulletins de salaire, attestation d’employeur, contrats. Plus rapide, cette porte reste étroite et très encadrée.
Macaron, registre REVTC et renouvellement
La carte en poche, deux obligations restent avant de rouler légalement. La première conditionne ton macaron, la seconde protège ta carte dans le temps.
L’inscription au registre des VTC (REVTC)
Avant même la première course, tu inscris ton entreprise au Registre des exploitants de VTC. Selon le ministère chargé des Transports, en 2026, cette inscription coûte 170 euros, dont 100 euros de titre et 70 euros de macaron. Le macaron est une vignette rouge hexagonale, apposée sur les pare-brise avant et arrière, qui prouve ta conformité lors d’un contrôle. Sans lui, tu ne peux pas travailler. Si tu préfères ne pas créer ta propre structure, tu peux aussi te rattacher à une société VTC existante.
Le renouvellement tous les cinq ans
Ta carte n’est pas acquise à vie. Tu la renouvelles tous les cinq ans, à condition d’avoir suivi un stage de formation continue de quatorze heures dans un centre agréé. Ce stage met à jour tes connaissances sur la réglementation et la sécurité. Dépose ta demande de renouvellement entre trois et six mois avant l’échéance, sous peine d’interrompre ton activité.
Créer ton entreprise et choisir un statut
Décrocher la carte ne fait pas de toi une entreprise. Le statut juridique que tu retiens pèse directement sur ta fiscalité, tes charges sociales et ta protection. Trois formes reviennent chez les chauffeurs VTC, chacune avec sa logique.
| Statut | Atouts | Limites | Adapté à |
|---|---|---|---|
| Micro-entreprise | Création simple, comptabilité allégée, charges sur le chiffre encaissé | Chiffre plafonné, autour de 77 700 euros en prestations de services, aucune charge déductible | Un démarrage ou une activité d’appoint |
| SASU | Pas de plafond, charges réelles déductibles, protection sociale d’assimilé salarié | Création plus lourde, comptabilité stricte, cotisations élevées | Un projet de développement à temps plein |
| EURL | Pas de plafond, charges déductibles, cotisations plus basses qu’en SASU | Statut de travailleur non salarié, protection sociale plus faible | Une rémunération régulière et maîtrisée |
Aucun statut n’est meilleur dans l’absolu, seulement plus adapté à ton volume d’activité. Un comptable spécialisé VTC chiffre les scénarios avant que tu signes. Reste ensuite le concret : une assurance transport de personnes à titre onéreux, et un véhicule conforme, de moins de six ans et d’au moins quatre portes. Prends le temps de choisir une voiture adaptée au VTC, car elle porte ta rentabilité au quotidien.