L’Alfa Romeo de 6 Underground, c’est une Giulia Quadrifoglio vert fluo. Elle ouvre le film de Michael Bay, sorti sur Netflix en décembre 2019, par une course-poursuite dans Florence. Berline de 510 chevaux, moteur V6 signé Ferrari : voici pourquoi elle vole la vedette.
Quelle Alfa Romeo roule dans 6 Underground ?
Pas de suspense : la voiture verte de la scène d’ouverture est une Alfa Romeo Giulia Quadrifoglio. C’est la version la plus musclée de la berline italienne, celle que les passionnés attendaient depuis des années.
Au volant, le personnage de Six, joué par Dave Franco, enchaîne les travers pendant que Ryan Reynolds distribue les ordres. Michael Bay filme la ville comme un circuit à ciel ouvert.
Le nom Quadrifoglio n’est pas un gadget marketing. Ce trèfle à quatre feuilles orne les Alfa de course depuis 1923, selon Alfa Romeo, l’année où le pilote Ugo Sivocci l’a peint sur sa voiture avant de gagner la Targa Florio. Le badge signe depuis les versions les plus radicales de la marque.
Pourquoi cette Alfa plutôt qu’une supercar ? Parce qu’une quatre portes qui slalome entre les Vespa, ça surprend l’œil. Le contraste entre l’objet familier et ses performances de sportive fait tout le sel de la séquence. Le film est sorti le 13 décembre 2019 sur Netflix, selon Wikipédia, et cette poursuite reste sa carte de visite.
La fiche technique de la Giulia Quadrifoglio du film
Derrière le covering vert se cache une mécanique sérieuse. Rien d’un accessoire de cinéma : la Giulia Quadrifoglio de série tient déjà tête aux sportives allemandes.
Un V6 biturbo né chez Ferrari
Le moteur, c’est la pièce maîtresse. Un V6 biturbo de 2,9 litres, développé avec les ingénieurs de Ferrari à Maranello. On y retrouve la même culture mécanique que sur les V8 de la marque au cheval cabré, en configuration six cylindres.
Résultat : une sonorité rageuse et une montée en régime immédiate. Ce bloc explique le caractère de la voiture, bien plus proche d’une sportive pur-sang que d’une berline sage. Les amateurs de mécanique italienne la rapprochent volontiers de légendes comme la Ferrari F40.
Des chiffres qui collent aux cascades
| Donnée | Valeur |
|---|---|
| Puissance | 510 ch |
| Couple | 600 Nm |
| 0 à 100 km/h | 3,9 s |
| Vitesse maxi | 307 km/h |
| Cylindrée | 2,9 L V6 biturbo |
| Transmission | propulsion, boîte auto 8 rapports |
Ces valeurs viennent de la fiche technique officielle Alfa Romeo. Une berline qui passe les 100 km/h en 3,9 secondes se hisse au niveau de coupés bien plus chers. Sa pointe à 307 km/h la range parmi les rares familiales à franchir les 300.
Une propulsion faite pour déraper
Le gros moteur ne suffit pas. La Giulia Quadrifoglio répartit ses masses à 50/50 entre l’avant et l’arrière, selon Alfa Romeo. Cet équilibre la rend vive, presque téléguidée.
Surtout, c’est une propulsion : la puissance part uniquement aux roues arrière. Cette architecture autorise les longs travers contrôlés qu’on admire dans les ruelles de Florence. Sans elle, pas de figures aussi nettes.
Le sélecteur de conduite Alfa DNA Pro pousse le curseur plus loin. Son mode Race relâche les contrôles électroniques et libère la glisse, exactement le réglage que cherchaient les cascadeurs sur le tournage.
La poursuite de Florence, scène d’ouverture de 6 Underground
La séquence dure une quinzaine de minutes et sert de générique au film. Michael Bay y transforme le centre historique en terrain de jeu grandeur nature.
Pourquoi Florence et le vert fluo
Le choix de Florence n’a rien du hasard. Ses rues étroites, ses places Renaissance et ses ponts créent un décor impossible à reproduire en studio. La voiture y slalome entre les monuments, dérape autour de la statue de Cosimo de’ Medici et traverse même un musée à l’écran, selon Hagerty Media.
Le covering vert Day-Glo tranche avec les tons ocre de la ville. Ce vert presque fluorescent transforme la berline en personnage : on ne suit pas une voiture, on suit une tache de couleur qui file entre les façades.
Combien de voitures détruites au tournage
Une seule Alfa n’aurait jamais tenu. La production a mobilisé cinq Giulia Quadrifoglio, plus trois Giulia Ti diesel pour les plans les plus violents, selon Men’s Journal (2019). Ces dernières ont encaissé le gros des dégâts.
Autour d’elles, le tournage a aligné plus de 750 véhicules et une quarantaine de scooters, Vespa et Piaggio en tête, toujours selon Men’s Journal. La poursuite a été filmée à Florence entre le 22 août et le 22 septembre 2018, avec des raccords à Sienne, Rome et Tarente, d’après Wikipédia.
Les modifications des voitures de cascade
Une Quadrifoglio de série ne peut pas enchaîner ces figures telle quelle. Les équipes ont préparé chaque voiture, selon Men’s Journal (2019) :
- Frein à main hydraulique pour déclencher les dérapages au millimètre.
- Cartographie moteur revue, plus souple sous le pied du pilote.
- Pneus arrière Pirelli P Zero Corsa, taillés pour l’adhérence.
- ABS, antipatinage et contrôle de stabilité désactivés par un technicien Alfa Romeo.
Ces réglages laissent le cascadeur seul maître à bord. Les pilotes pouvaient enfin provoquer les glisses sans que l’électronique reprenne la main au mauvais moment.
Peut-on rouler dans la même Alfa qu’à Florence ?
Bonne nouvelle : la Giulia Quadrifoglio n’est pas un prototype de cinéma. Tu peux acheter la même berline, sans le kit cascade.
La version actuelle, portée à 520 chevaux, s’affiche autour de 100 000 € au catalogue selon L’argus (2025), les mandataires descendant sous les 90 000 €. La version 510 chevaux vue dans le film ne se trouve plus qu’en occasion, où les premiers exemplaires restent nettement plus abordables.
Le vrai piège se situe côté fiscalité. Une sportive de ce gabarit percute de plein fouet le malus écologique. Depuis le 1er janvier 2026, ce malus grimpe jusqu’à 80 000 € pour les autos les plus émettrices, selon L’argus (2026). De quoi presque doubler la facture d’un modèle neuf.
Avant de craquer, garde en tête l’assurance, la soif d’un V6 de 510 chevaux et l’entretien d’une italienne pointue. Si l’envie, c’est surtout de conduire une sportive sur les routes qui ont inspiré le film, un circuit en Italie du Nord revient bien moins cher qu’un plein de malus.