Vous vous demandez ce qui définit exactement les routes nationales en France ? Comment les différencier des départementales ou des autoroutes ? Quelles sont les limitations de vitesse à respecter sur ces axes ?

Ce guide complet répond à toutes vos questions. Vous y trouverez une liste des axes principaux, des explications claires sur la signalisation, les règles de circulation et l’évolution du réseau routier national français.

Liste des principales routes nationales de France (Réseau 2025)

Avec les réformes successives, notamment la loi 3DS de 2022, le réseau routier national géré directement par l’État s’est recentré sur les axes les plus stratégiques. De nombreuses anciennes routes nationales ont été transférées aux départements.

Voici un tableau des routes nationales les plus importantes qui structurent encore aujourd’hui le territoire français. Elles complètent le maillage des autoroutes.

Numéro Parcours principal (Villes clés) Régions traversées
N2 Laon – Maubeuge – Frontière belge Hauts-de-France
N4 Francilienne (N104) – Saint-Dizier – Nancy – Phalsbourg Île-de-France, Grand Est
N7 Avignon – Montélimar – Valence (sections restantes de la « route des vacances ») Provence-Alpes-Côte d’Azur, Auvergne-Rhône-Alpes
N10 Saint-André-de-Cubzac – Belin-Béliet (sud de Bordeaux) Nouvelle-Aquitaine
N12 Rennes – Saint-Brieuc – Brest Bretagne
N13 Évreux – Lisieux – Caen – Cherbourg Normandie
N20 Pamiers – Foix – Andorre Occitanie
N21 Agen – Bergerac – Périgueux – Limoges Nouvelle-Aquitaine
N66 Remiremont – Thann (Col de Bussang) Grand Est
N83 Besançon – Lons-le-Saunier Bourgogne-Franche-Comté
N85 Grenoble – Gap – Digne-les-Bains (Route Napoléon) Auvergne-Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur
N87 Rocade de Grenoble Auvergne-Rhône-Alpes
N88 Toulouse – Albi – Rodez – Le Puy-en-Velay – Saint-Étienne Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes
N124 Toulouse – Auch – Mont-de-Marsan Occitanie, Nouvelle-Aquitaine
N136 Rocade de Rennes Bretagne
N137 Rennes – Nantes Bretagne, Pays de la Loire
N165 Nantes – Vannes – Lorient – Quimper – Brest Pays de la Loire, Bretagne

Qu’est-ce qu’une route nationale exactement ?

Une route nationale est une voie de circulation qui appartient au domaine public routier national. Cela signifie qu’elle est gérée et financée par l’État, contrairement aux routes départementales (gérées par les départements) ou communales (gérées par les communes).

Leur rôle est d’assurer les liaisons routières sur de longues distances, en complément des autoroutes. Elles permettent de relier les grandes agglomérations entre elles et de desservir des zones que le réseau autoroutier ne couvre pas. C’est un maillon essentiel du réseau routier français.

Gestion et entretien par l’État

L’entretien et l’exploitation de ces voies sont assurés par les Directions Interdépartementales des Routes (DIR). Il existe 11 DIR en France métropolitaine. Elles sont responsables des travaux, de la signalisation, de la viabilité hivernale et de la sécurité sur l’ensemble du réseau non concédé à des sociétés privées.

Une caractéristique importante des routes nationales est leur gratuité pour l’usager. À quelques exceptions près (certains ponts ou tunnels spécifiques), la circulation y est libre et sans péage, à la différence de la majorité des autoroutes.

Comment reconnaître une route nationale ? La signalisation à connaître

Identifier une route nationale est simple si vous connaissez les bons indices visuels. Le Code de la route a prévu une signalisation spécifique pour ne pas la confondre avec les autres types de voies.

Le cartouche rouge : l’indice numéro 1

L’élément le plus simple pour identifier une nationale est le cartouche. Il s’agit d’un petit panneau rectangulaire placé au-dessus des panneaux de direction.

  • Pour une route nationale : le cartouche est rouge avec la lettre « N » suivie du numéro de la route (par exemple, N88).
  • Pour une route départementale : le cartouche est jaune avec la lettre « D ».
  • Pour une autoroute : le cartouche est rouge avec la lettre « A ».

Si vous voyez un cartouche rouge avec un « N », vous êtes bien sur le réseau routier national.

💡 Astuce simple : Pensez au drapeau français. Le bleu pour les autoroutes (panneaux de direction), le blanc pour les routes « normales » (panneaux de direction locaux) et le rouge pour la signalisation des routes nationales (cartouches).

Les bornes kilométriques

Les bornes kilométriques sont un autre repère fiable. Ce sont des plots en pierre ou en plastique placés sur le bas-côté de la route. Leur apparence change selon le type de voie :

  • Sur une route nationale : la borne est blanche avec un sommet rouge. Le numéro de la nationale est inscrit en noir dans la partie rouge.
  • Sur une route départementale : la borne est blanche avec un sommet jaune.

Ces bornes vous indiquent le point kilométrique (PK) où vous vous trouvez sur l’axe, une information utile pour vous localiser précisément en cas de besoin.

Quelles sont les limitations de vitesse sur une route nationale ?

La limitation de vitesse sur une route nationale n’est pas unique. Elle dépend de la configuration de la chaussée. Il faut donc être très attentif aux panneaux et à l’aménagement de la voie pour adapter sa conduite.

En général, trois cas de figure se présentent pour les conducteurs ayant un permis de plus de 3 ans :

Vitesse maximale Type de route nationale
80 km/h C’est la règle générale sur les routes à double sens sans séparateur central (terre-plein, glissière de sécurité). Une simple ligne blanche sépare les deux sens de circulation.
90 km/h Cette limite s’applique sur les tronçons où il y a au moins deux voies affectées à un même sens de circulation. C’est le cas des routes avec des créneaux de dépassement.
110 km/h Cette vitesse est réservée aux sections qui ont le statut de voie express. Il s’agit de routes à 2×2 voies, avec un séparateur central. Elles ressemblent à des autoroutes mais sont gratuites.

Attention, ces limitations peuvent être réduites en cas d’intempéries (pluie, neige) ou par des panneaux spécifiques dans les zones dangereuses ou à l’approche des agglomérations. Pour un jeune conducteur, la vitesse est abaissée : 80 km/h sur les sections à 80 ou 90, et 100 km/h sur les voies express à 110 km/h.

Nationale vs Départementale vs Autoroute : Le tableau pour ne plus se tromper

Pour beaucoup, la distinction entre les différents types de routes reste floue. Le réseau routier français est pourtant très hiérarchisé. Ce tableau compare les trois principaux types de voies pour clarifier leurs différences.

Critère Route Nationale Route Départementale Autoroute
Signalisation (couleur) Cartouche rouge (N), borne à sommet rouge. Cartouche jaune (D), borne à sommet jaune. Cartouche rouge (A), panneaux de direction bleus.
Gestion État (via les DIR). Département. État ou sociétés concessionnaires (ex: VINCI, APRR).
Vitesse max. (standard) 80, 90 ou 110 km/h selon la configuration. 80 km/h (parfois 90 km/h sur décision locale). 130 km/h (110 km/h si pluie).
Numérotation N + numéro (ex: N7). D + numéro (ex: D904). A + numéro (ex: A7).
Gratuité Oui, quasi-totalité du réseau. Oui, toujours. Non, la plupart sont à péage.

En résumé, la couleur de la signalisation et la lettre (N, D, A) sont les moyens les plus rapides pour savoir sur quel type de voie du domaine public vous circulez.

L’histoire du réseau : de Napoléon à la loi 3DS

Le réseau des routes nationales a une longue histoire et a beaucoup évolué. Comprendre son passé permet de mieux saisir son état actuel.

  • Les routes impériales : L’origine du réseau remonte à un décret impérial de 1811 sous Napoléon Ier. Il a classé les routes par importance, avec les routes impériales au sommet, reliant Paris aux frontières. Ces axes ont ensuite été renommés « routes royales » puis « routes nationales ».
  • Les vagues de décentralisation : Le réseau a connu deux grands transferts de compétences de l’État vers les départements. La première décentralisation de 1972 a déclassé des milliers de kilomètres de nationales en départementales. Une seconde vague a eu lieu en 2004, réduisant encore fortement le réseau national.
  • La loi 3DS de 2022 : Plus récemment, la loi « 3DS » (Différenciation, Décentralisation, Déconcentration et Simplification) a organisé un nouveau transfert de routes de l’État vers les collectivités (départements et régions) volontaires. L’objectif est de concentrer la gestion de l’État sur un réseau routier national plus restreint mais jugé plus stratégique.

Ces transferts expliquent pourquoi le nombre de routes nationales a diminué et pourquoi certaines portions d’une même route peuvent avoir des statuts différents (par exemple, une partie N4 et une autre D904).

FAQ – 3 Questions sur les routes nationales

Pourquoi les routes nationales sont-elles gratuites ?

Elles sont gratuites car elles font partie du domaine public routier national non concédé. Leur construction et leur entretien sont financés par les impôts de tous les citoyens (budget de l’État). Il n’y a donc pas de péage pour en couvrir les coûts, contrairement aux autoroutes concédées à des entreprises privées qui se rémunèrent via les péages.

Peut-on faire demi-tour sur une route nationale ?

Oui, il est possible de faire demi-tour, mais seulement si la manœuvre ne présente aucun danger et n’est pas interdite par une signalisation spécifique (ligne blanche continue, panneau d’interdiction). Sur les sections ayant le statut de voie express (2×2 voies avec séparateur), le demi-tour est strictement interdit, tout comme sur les autoroutes.

Une route nationale peut-elle traverser une ville ?

Oui, historiquement, les routes nationales traversaient le cœur des villes et villages. Cependant, avec l’augmentation du trafic, des déviations et des rocades ont souvent été construites. Aujourd’hui, lorsqu’une route nationale entre dans une agglomération, sa gestion est généralement transférée à la commune. Elle devient alors une voie communale et perd son statut de « nationale » sur cette portion.