La Mini Moke est un petit véhicule de loisir dérivé de la Mini, produit de 1964 à 1993 sur trois continents. Le terme Mini Cooper Moke est un abus de langage courant : aucune version Cooper n’a jamais existé. Voici son histoire, sa mécanique, sa culture et sa cote actuelle.
« Mini Cooper Moke » ou Mini Moke ? La confusion à corriger
Beaucoup tapent Mini Cooper Moke sur Google. Le nom sonne bien, mais il mélange deux modèles distincts. La Mini Cooper est une berline sportive, plus puissante, mise au point avec le préparateur John Cooper. La Moke, elle, est un utilitaire de loisir bâti sur les mêmes organes mécaniques que la Mini, sans jamais porter le label Cooper.
Tu la reconnais au premier coup d’oeil. Pas de portes, pas de vitres latérales, une carrosserie plate façon baignoire et un simple toit en toile. Son nom vient de l’argot anglais : un moke, c’est un âne. Un clin d’oeil à sa vocation utilitaire de départ.
D’un projet militaire recalé à la voiture des plages
Le prototype pensé pour l’armée britannique
À la fin des années 1950, la British Motor Corporation cherche un engin léger et parachutable pour l’armée. Alec Issigonis, père de la Mini, et l’ingénieur John Sheppard planchent sur un prototype baptisé Buckboard. Le concept séduit sur le papier. Sur le terrain, il coince. Ses petites roues de 10 pouces et sa faible garde au sol l’enlisent au moindre obstacle. L’armée décline l’offre.
La reconversion civile de 1964
Plutôt que d’enterrer le projet, BMC le recycle vers le marché civil. La Mini Moke arrive chez les particuliers en 1964. Son prix serré et son allure décalée font mouche dans les régions ensoleillées. Ce qui devait rouler dans la boue finit sur le sable. Sur 29 ans de carrière, la Moke a séduit près de 50 000 acheteurs et tourné dans quatre James Bond, selon le guide d’achat de Car and Classic.
Trois pays, trois visages de la Mini Moke
La Moke n’a pas été assemblée au même endroit toute sa vie. Elle a migré d’usine en usine, et chaque site a laissé sa marque sur le produit fini.
Royaume-Uni : les origines de Longbridge (1964-1968)
Les premières Moke sortent des chaînes anglaises. Selon l’encyclopédie Wikipédia, 14 518 exemplaires y sont assemblés entre 1964 et 1968. Ce sont les plus fidèles au projet d’origine, les plus rares aussi. Roues de 10 pouces, moteur 848 cm³, dépouillement complet : la recette britannique va à l’essentiel.
Australie : la version la plus robuste (1966-1981)
L’Australie reprend le flambeau et muscle la recette. Toujours selon Wikipédia, 26 000 Moke y sortent des chaînes entre 1966 et 1981, de loin le plus gros volume produit. Les modèles australiens adoptent des roues de 13 pouces, une meilleure garde au sol et une carrosserie renforcée. Beaucoup de connaisseurs les jugent les plus solides.
Portugal : le dernier chapitre thermique (1980-1993)
La production s’achève au Portugal, à Vendas Novas. Environ 10 000 exemplaires y voient le jour de 1980 à 1993, d’après Wikipédia. Ces Moke tardives reçoivent souvent une carrosserie galvanisée, mieux armée contre la corrosion. C’est ici que s’éteint la Moke à moteur essence.
Ce que cache la mécanique de la Mini Moke
Sous la carrosserie minimaliste, on retrouve la recette de la Mini. Le coeur, c’est le fameux quatre cylindres Série A, monté en position transversale. Les versions anglaises démarrent avec un 848 cm³ développant 34 chevaux, selon les fiches techniques d’époque. Modeste sur le papier. Suffisant pour une auto qui pèse à peine plus de 500 kilos à vide.
Les Moke australiennes montent en cylindrée au fil des années : 998 cm³, puis 1 098 cm³, et enfin le 1 275 cm³ devenu la référence, d’après le guide d’achat de Car and Classic. La boîte manuelle à quatre rapports et la traction avant complètent l’ensemble. Côté conso, compte autour de 6 à 7 litres aux 100 kilomètres en conduite tranquille. Rien de sportif, mais une base simple à entretenir, car elle partage l’essentiel de ses pièces avec la Mini classique.
Une icône de la culture populaire
Le Prisonnier, James Bond et le grand écran
La Moke a crevé l’écran bien au-delà des concessions. Dans la série culte Le Prisonnier, tournée au village de Portmeirion en 1967, elle sert de taxi dans l’énigmatique Village. Le cinéma s’en empare aussi. Selon le guide d’achat de Car and Classic, elle apparaît dans quatre James Bond : On ne vit que deux fois, Vivre et laisser mourir, L’espion qui m’aimait et Moonraker.
De Saint-Tropez aux plages des Caraïbes
Loin des plateaux, la Moke devient l’accessoire chic des lieux de villégiature. Brigitte Bardot en fait sa complice à Saint-Tropez, ce qui scelle son image glamour. Aux Antilles, à Mustique ou aux Seychelles, elle sert de taxi décontracté sur les routes côtières. Une voiture de vacances avant tout, associée au soleil et à l’insouciance des années 1960 et 1970.
La Mini Moke électrique, la renaissance moderne
La Moke n’a pas dit son dernier mot. Depuis quelques années, plusieurs marques la ressuscitent en version zéro émission, avec le même dessin culte.
Moke International, l’héritière officielle
Moke International détient les droits sur le nom et propose une réédition électrique. Selon le média Automobile Propre, elle affiche une autonomie annoncée de 120 kilomètres, une vitesse maxi de 80 km/h et un 0 à 55 km/h abattu en 4,5 secondes. Le tarif calme les ardeurs : autour de 29 990 euros, ramené à près de 24 000 euros après bonus écologique à son lancement.
Nosmoke, la relance à la française
La Nosmoke joue la carte de l’accessible. Toujours selon Automobile Propre, sa version d’entrée démarrait autour de 15 990 euros, avec un moteur de 10 kW, 70 km/h en pointe et une centaine de kilomètres d’autonomie. Sa tôlerie a été relancée dans l’ex-usine Heuliez de Cerizay, en Vendée. Le vrai atout de ces électriques : rouler sans restriction dans les zones à faibles émissions.
Combien coûte une Mini Moke en 2026
La cote selon l’état et l’origine
Le tarif d’une Moke d’origine grimpe vite dès que l’état et la traçabilité suivent. Comme d’autres youngtimers recherchés, sa cote dépend surtout de la rareté. Les exemplaires britanniques de 1964 à 1968, documentés, restent les plus convoités. D’après le spécialiste Les Anciennes, une Moke de collection se négocie entre 15 000 et 45 000 euros, les britanniques les mieux suivies atteignant le haut de la fourchette. Les versions australiennes et portugaises se montrent souvent plus abordables.
| Profil de Mini Moke | Cote indicative 2026 |
|---|---|
| Britannique 1964-1968, documentée | 30 000 à 45 000 € |
| Australienne ou portugaise, bon état roulant | 15 000 à 30 000 € |
Les points à vérifier avant d’acheter
La Moke a un ennemi juré : la corrosion. Sa plateforme plate piège l’eau, et la tôle finit par souffrir. Avant de sortir le chéquier, inspecte les points sensibles. Les mêmes réflexes que pour n’importe quel achat d’occasion s’appliquent, comme le rappellent ces questions à poser avant d’acheter.
- Les planchers, où l’eau stagne sous les tapis
- Les longerons et berceaux, pièces de structure
- Les passages de roue, gorgés de boue
- La caisse arrière et ses supports de suspension
- L’état de la capote, coûteuse à remplacer
Bon point côté entretien : la mécanique Série A se répare partout, et les pièces restent faciles à trouver grâce au lien de parenté avec la Mini. La Moke reste une auto de beau temps, sans chauffage ni vraie protection contre la pluie. Un excellent second véhicule pour l’été, à condition d’accepter son inconfort assumé.